Le tango... Cette "pensée triste qui se danse" représente une véritable chronique de Buenos Aires. Musique, mais aussi danse et poésie des déracinés, de tous ces immigrants venus d'Espagne, d'Italie ou de France, le tango est né dans les quartiers pauvres de la ville, les bars louches et les lupanars crasseux.

Le Tango des origines

A la fin du XIXème siècle, les cafés, bars, tripots, cabarets et autres maison closes abondaient à Buenos Aires. Les nouveaux Argentins s'y retrouvaient dans une atmosphère chaleureuse pour jouer aux cartes, au billard, parler de football ou de leur vie de quartier et surtout pour oublier leurs amours malheureuses et leur pays lointain dans l'alcool et les bras des prostituées.

C'est dans ces établissements et par le métissage de trois danses (le Candombé dansé par les esclaves noirs, la Habanera d'origine cubaine et la Milonga venue de la Pampa argentine) qu'est né le tango entre 1860 et 1880.

Il s'agissait à l'origine d'un genre totalement instrumental. Des musiciens amateurs jouaient d'oreille en improvisaient sur une tonalité simple des mélodies éphémères.

Les premières formations étaient des trios composés d'une flûte, d'un violon et d'une guitare. Peu à peu, le piano a remplacé la guitare et le bandonéon qui s'est imposé aux dépends de la flûte est devenu l'instrument du tango par excellence.
L'arrivée dans l'orcherstre de cet instrument d'origine allemande est capitale car la musique, au caractère vif et folâtre jusqu'alors, a pris une modalité beaucoup plus grave, cadencée qui l'a rendue plaintive et sentimentale.

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